L’esprit du pinceau asiatique

Cueillir l’essence de la nature, la réalité telle qu’elle est.

Pour qu’une peinture soit vivante, tout en elle doit créer la sensation de vie. L’œuvre est là pour toucher en plein cœur la sensibilité du spectateur. Comme dans la pratique du Zen, l’expression du réel est envisagée dans sa forme la plus pure, dans son essence. Aucun trait préparatoire n’est prévu, aucune retouche n’est possible afin de ne pas voiler la vraie nature de la réalité.

En posture assise ou debout, bien ancré, enraciné, le dos droit, l’artiste dispose son matériel, son papier et, dans le même temps, installe en lui l’état méditatif. Le centrage de son être s’établit peu à peu, par une intensité de présence, une respiration calme et paisible. Les pensées se dissipent et ne restent plus dans sa conscience que la réalité de la feuille blanche et la connexion avec le sujet à peindre.

Tout son être s’en imprègne et il devient lui-même le sujet peint. L’artiste saisit le pinceau et laisse aller sa main, sans le moindre effort de la volonté. Le geste est précis, la sensation est celle d’une fulgurance qui le saisit tout entier. Le sujet prend forme peu à peu, né de la danse du pinceau sur la feuille, issu de ce mouvement de vie qui l’imprègne au-delà de tout cheminement du mental. Comme dans le zen, la vie en soi et non les pensées sur la vie. La peinture obtenue sera la plus pure expression de l’âme du peintre.

Au début, il est inévitable que nos peintures soient maladroites et manquent de spontanéité. Nous pouvons tendre vers plus de beauté, nous approcher peu à peu de l’esprit à atteindre mais pour cela, nous devons renoncer à penser en termes de bon ou de mauvais, de réussi ou raté. Il s’agit de juste poser une intention et accepter de laisser les choses se faire, d’apprendre à être libre de tout désir volontaire de succès ou d’ambition.

Cette façon de peindre est complète, elle implique tout le corps. Elle n’est en rien facile, un maître est indispensable pour vous initier. Pour en arriver à une telle maîtrise, l’artiste aura, pendant parfois des décennies, copié les grands maîtres, jusqu’à saisir l’essence de leur art. Il aura répété mille fois les gestes, travaillé les sujets dans les plus intimes détails. Son esprit devient toujours plus raffiné et sensible.

Vous vous sentirez capable de peindre vos premiers essais quand chaque élément vous apparaîtra comme étant le reflet même de la vie originelle et de la nature. Vous constaterez en outre que vous respirez mieux, que votre allure est plus droite et plus noble, que même l’état général de la santé, y compris l’équilibre psychique, s’est amélioré.

Comme dans le Zen, il ne s’agit pas d’une simple approche méditative, mais du contact direct avec la source de vie en nous.

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